Lundi 7 novembre 2011
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Le 27 Octobre, l’union européenne c’est mise d’accord sur un nouveau plan destiné à sauver la Grèce de la
faillite. Le plan comprend un « hair cut » de 50% sur la dette grecque détenue par le secteur privé, un renforcement du FESF autour de 1 Milliards d’euros ainsi qu’un plan de
recapitalisation des banques européennes de 106 Milliards d’euros. Suite à cette annonce, le marché a
réagi de façon positive. Cependant lundi soir dernier, le premier ministre grec, Papandreou, a annoncé que la Grèce voulait mettre en place un referendum sur la proposition du nouveau plan d’aide
européen. Les marchés ont très mal réagi à cette annonce, plongeant de 8% en moyenne en deux jours. Il est difficile de trouver une justification à cette décision politique. Concentrons-nous sur
ce plan d’aide et qu’est ce que cela aura comme répercussion sur la Grèce.
Premièrement, le « hait cut » de 50% sur les obligations grecques détenues par le secteur privé
devrait ramener le ratio dette sur PIB grec en baisse à 120% d’ici 2020 (pour information 120% est le ratio dette/PIB de l’Italie actuellement). Ce ratio d’endettement restera donc en 2020
insoutenable malgré l’annulation de 50% de la dette. De plus en contrepartie de ce plan, l’union européenne oblige les grecs à de nouvelles mesures d’austérité. Ces mesures, ajoutées aux
précédentes déjà mises en place, devraient très probablement avoir un impact négatif sur la croissance grecque. Le pays devrait connaitre 5 à 6 ans
de récession ou de croissance nulle, tandis que le déficit public actuel continu de grossir. A titre d’exemple, l’Ireland est arrivé à avoir une croissance positive malgré les mesures
d’austérité. Aujourd’hui, le gouvernement politique grec apparait extrêmement instable. Cette instabilité pourrait mettre en péril le nouveau plan d’aide avant même que celui-ci soit activé. Sans
plan d’aide, la Grèce n’aura pas d’autre moyen que de faire faillite, ce qui pourrait avoir de lourdes répercussions sur le système financier, notamment sur les organismes qui ont vendu des CDS
(credit default swap). Si la Grèce fait faillite, ces organismes, agissant comme assureur, devront verser les indemnités liés à la vente des CDS. Ce montant est impossible à comptabiliser
aujourd’hui et devrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros. Du coté des pays émergents, souvent vu comme les sauveurs de nos excès passés,
leur opinion et claire. La chine a dit qu’elle ne prêterait pas un euro supplémentaire tant que l’environnement sera aussi incertain. Au même moment,
les gouvernements Italiens et Espagnols sont très nerveux car il y a clairement un danger de propagation de la crise.
Au regard de ces différents points, nous pensons que la Grèce va faire défaut. La zone euro devrait se
concentrer sur les mesures à adopter pour éviter la propagation de la crise à l’Italie et l’Espagne. Dans ces conditions, la Grèce aura intérêt à sortir de la zone euro afin de dévaluer fortement
sa monnaie (autour de 50%) pour relancer son économie. Il est évident que dans ces conditions, la Grèce fera défaut sur 100% de sa dette et devra faire face à une forte inflation. Les crédits
privés contractés en euro auprès des établissements grecs, seraient transformés en dragme par simple écriture comptable. Nous pensons également qu’en laissant sortir la Grèce, la zone euro en
sortira plus forte. La faible croissance en Europe devrait inciter la BCE à continuer son assouplissement monétaire avec comme objectif un taux d’intérêt de 1% rapidement, ce qui aiderait le
financement de l’économie générale. De plus une fois la Grèce sortie de la zone euro, la BCE pourrait, un peu à l’image de la Fed, imprimer de la
monnaie et supporter l’Italie, l’Espagne, L’Irlande et le Portugal et donc agir de préteur en dernier ressort.
En attendant nous restons attentifs aux évolutions politiques en Grèce, qui perd chaque jour un peu plus de
la crédibilité. Les marchés devraient rester volatiles.