Jeudi 12 mars 2009
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L'endettement mondial est sans précédent. En 2000 nous avons atteint aux Etats Unis le niveau d'endettement de 1933, à savoir 265% du
PIB (dette totale/PIB USA). Fin 2007, l'endettement total USA atteignait 343% du PIB. Dans le meme temps, les taux d'épargne ont fondu passant de 10% au debut des années 80 à 2%,entre 2000 et
2004, puis 0% entre 2005 et 2007. En 2006, le taux d'épargne a meme été négatif (graphique). Cette situation n'était jamais arrivée depuis la grande dépression 1929-1932.
De quelle façon cet endettement a pu continuer son
ascension après 2000 et quels phénomènes ont permis d'atteindre des niveaux d'endettement insoutenable pour l'économie, ainsi que la bulle immobilière de ces dernières
années?
En y réfléchissant, deux changements capitaux sont apparus dans les banques en 2000:
I) Les crédits à risque (subprimes)
II) Les dérivés de crédit (CDO,CDS...)
I) Les crédits à risques ont connu un développement fulgurant à partir de 2000. Ils
regroupent:
- Les prets interest only: vous ne payez que les
interets sans rembourser le capital pendant les premières années.
- Les neg ams: Vous ne remboursez meme pas les
interets dus pendant quelques années, se qui fait que le montant que vous devez à la banque grossit au fil des années. A la fin de cette période, les mensualités augmentent brutalement (double
voir plus).
- Les no doc loans: Ce sont des prets accordés
sans aucun justificatif.
Ces prets exotiques représentent environ 3 000 Milliards de dollars soit 30% des prets
immobiliers hypothecaires aux Etats Unis.
Comment expliquer une telle prise de risque des banquiers? C'est la ou intervient la hausse de
l'immobilier. L'immobilier montant de 10% par an, la notion de risque a peu à peu disparu dans l'esprit des banquiers. En effet tant que les prix de l'immobilier augmentaient, la banque, en cas
de defaut de paiement d'un de ces clients, saisissait la maison et récupérait la mise prétée plus une plus value sur la vente du logemement. En résumé un monde parfait ou la notion de risque
n'avait plus lieu d'etre.
Mais ce monde parfait ne pouvait fonctionner uniquement grace à l'augmentation constante des prix
de l'immobilier, indefiniement.
Dans le cas contraire, les
emprunteurs ne peuvent plus solder leurs prets en revendant leur maison. Les banques saisissent les logements et les vendent aux enchères à pertes. Ces saisies viennent gonfler les stocks de
logement à vendre, accentuant la baisse des prix. Mais nos chères banques avaient pensé à tout pour se protéger contre ce risque de baisse des prix de l'immobilier et ce cercle infernal. Elles
ont inventé les dérivés de crédit dont le but était de transférer le risque. Les banques se sont complètement déresponsabilisées. Ces produits "magiques" s'appellent des CDO, CDS.
II) Les CDO sont des dettes regroupées sous formes de parts avec différentes tranches de risque et de rémunération (schéma). Ces parts sont revendues par les banques à d'autres investisseurs tel que les hedges funds, les fonds de pension, les SICAV, des
municipalités... Le risque est ainsi transféré.
Ces acheteurs de CDO vont à leur tour se protéger contre un risque de defaut du vendeur de CDO en
souscrivant une "police d'assurance (les CDS). La boucle est bouclée. C'est ainsi que la responsabilité change de main, en apparence. La prise en charge du risque liée aux prets, qui etait le
métier des banques, passe entre les mains des hedge funds, fonds de pension, SICAV monétaire banale, municipalité. Le problème est que ces nouveaux acteurs du marché du crédit n'ont aucune
expérience dans ce domaine.
C'est ainsi que nous avons pu voir des excés
apparaitre, notamment avec les crédits "no doc loans". Chacun se disant en cas de problème un autre payera à ma place (Schéma).
Le système est tellement devenu complexe que plus personne ne sait qui supporte les risques, qui
doit payer en cas de problème.
Remarque: La plus part des hedge funds achetaient des CDO en empruntant aux
banques pour pouvoir bénéficier d'un effet de levier et donc augmenter la rentabilité de l'investissement. Faire de la dette sur de la dette.
Ces dérivés de crédit sont le "cancer" du système financier. C'est grace à ce système que nous
sommes arrivés à fabriquer la plus grande bulle du crédit de tout les temps, et surement la crise la plus importante depuis 1929.