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Les résultats trimestriels du secteur bancaire sont impressionnants. Ils nous laisseraient croire que la crise est finie et que tout est redevenu normale sans aucun changement. Mercredi, JP Morgan a apporté un ballon d’oxygène au secteur financier en annonçant un bénéfice de $3,6 Mds, ce qui a permis au Dow Jones de renouer avec les 10 000 points. Ce qui correspond au niveau avant la faillite de Lehmann Brothers. En 13 mois, les marchés ont fait oublier le massacre connu entre octobre 2008 et février 2009. J’ai relevé une citation du Financial Times de Jeudi 15 octobre, qui me semble très bien refléter la situation la actuelle : « Wall Street may be smiling but Main Street is still suffering ». Cette phrase montre bien le décalage qu’il existe entre le secteur financier et le reste de l’économie.
JP Morgan fournit la parfaite illustration de l’inégalité de profitabilité qu’il existe entre les différentes activités du secteur bancaire.
En effet nous avons d’un coté, la banque d’investissement et de l’autre la banque de détail. La banque d’investissement a rapporté un monstrueux profit de plus $2 Mds. Ce profit est du en grande partie aux activités de fixed-income et autres activités de trading. Un gain supplémentaire de $400 Millions a également été réalisé sur les leverage loans et mortgage backed securities. La hausse de la market value de ces actifs a incité JP Morgan à vendre une partie et de réaliser un gain de $400 Millions. Ces mêmes actifs avaient couté chère au secteur bancaire l’année dernière.
La banque de détail subit de lourdes pertes. Les activités liées aux cartes de crédit ont entrainé une perte de $700 Millions, en augmentation par rapport à l’année passée. Signe que tout n’est pas rentré dans l’ordre. Jamie Dimon, le chief executive, prévoit une perte de $1 Mds ou plus au premier et second trimestre 2010, auxquelles il faut ajouter les $2,5 Mds de pertes par trimestre qu’il anticipe sur le portefeuille de prêts hypothécaires.
La conclusion que nous pouvons en tirer est que les énormes profits générés par le secteur bancaire proviennent essentiellement des activités
de trading (activités à risques) et ne représentent à aucun moment des revenus stables dans le temps. Ces profits ont pu être générés grâce à l’impressionnant rebond des marchés actions (+50%
depuis mars), des matières premières et de tous les actifs en général. Si dans les mois à venir les marchés dans leur ensemble connaissance une forte chute, il a de forte chance que les profits
des grandes banques américaines soient catastrophiques. La hausse entraine la hausse mais jusqu’à quelle limite.
PDF:
Commentaire-sur-le-secteur-bancaire-161009.pdf